Certaines personnes consultent pour un oui ou pour un non

Certaines personnes consultent pour un oui ou pour un non: les médecins «en ligne» n’y changeront pas grand-chose

Trop douillets, les gens qui vont sans cesse chez leur médecin, pour des maux parfois difficiles à cerner? Pas si simple. Pour les soignants, trouver ce qui se cache derrière ces plaintes à répétition est un vrai défi. Face à ces cas, ils doivent absolument tenir compte du contexte dans lequel s’inscrit la demande de soins. Ainsi, les hypocondriaques, pour prendre un exemple extrême, ont la conviction (quasi délirante) d’avoir une affection bien précise, que les médecins, malgré les examens répétés, ne parviennent pas à objectiver.

Nettement plus nombreux que les précédents, les «somatisants» représentent 15 à 20% des patients. Ils passent leur vie dans les cabinets médicaux pour des plaintes diffuses qui changent fréquemment (maux de dos, de tête, crampes au ventre…) sans, là non plus, que l’on puisse mettre en évidence une cause somatique.

«On ne sait pas très bien ce qui pousse ces personnes à amplifier des sensations corporelles banales et à demander d’être rassurées par leur médecin, observe le Dr Marc Archinard, responsable de la psychiatrie de liaison aux Hôpitaux universitaires de Genève. Les émotions négatives, telles que la tristesse, l’angoisse ou la colère, constituent peut-être un élément de réponse parmi d’autres.»

Et les nouveaux services d’assistance médicale à distance, seront-ils d’une aide quelconque pour ces malades particuliers? Récemment, des assurances maladie ont en effet mis gratuitement à disposition de leurs membres un numéro d’appel ainsi qu’un site Internet, accessibles en tout temps. Il s’agit d’un système de triage entre vraies urgences et fausses alertes, assuré par des médecins «en ligne».

Calcul simpliste

Le but de l’opération est, à terme, de réduire le nombre de consultations inutiles. Un calcul qui sent le raccourci. «Le fait que les gens finissent par consulter est le résultat d’un processus long et complexe, explique Marc Archinard. L’appel à une ligne téléphonique ou à un site médical vient vraisemblablement prendre place dans ce processus. Elle en modifiera le cours pour certains patients, mais n’aura aucun impact sur d’autres, qui iront consulter tout de même.»

Mais alors, que proposer aux éternels inquiets pour leur santé? Entreprendre une psychothérapie pour tenter de contrôler leur besoin irrépressible de consulter et de désamorcer la spirale de l’anxiété, notamment grâce à l’approche cognitivo-comportementale.

Une technique utilisée consiste à mettre à jour, à l’aide d’un carnet d’auto-observation, les pensées pessimistes qui assaillent le patient («J’ai un peu mal au ventre, donc j’ai sûrement un cancer du côlon») et de tester leur objectivité. Se rendant compte que la plupart de ses assertions ne tiennent pas la route, le patient peut alors chercher des pensées alternatives plus réalistes.

 

La douleur comme maladie

Quand la douleur persiste envers et contre tout, elle devient un problème médical en soi. Le syndrome douloureux chronique (SDC) désigne une douleur (maux de tête, lombalgies, etc.), présente depuis au moins six mois, sans que les examens aient pu mettre en évidence une lésion capable de l’expliquer. Ou, lorsqu’il existe une relation avec une maladie ou une blessure, la plainte douloureuse est nettement disproportionnée.

Nul doute que les victimes du SDC souffrent réellement. La maladie de la douleur a même pris toute la place dans leur vie. L’analyse du contexte de l’apparition de la douleur révèle très souvent des séparations, des deuils ou des conflits. Dans ces cas, la douleur est une «porte de sortie honorable» dans une situation ressentie comme inextricable. Peu à peu, l’individu s’enferme dans son «rôle de malade» et se désinvestit de la vie active.

Les buts du traitement visent avant tout au maintien de la qualité de vie, en favorisant la réinsertion sociale. L’objectif est aussi bien sûr de soulager la douleur par différents moyens: approches corporelles, psychothérapie, techniques de relaxation, etc.

Attention les yeux!

La vue est précieuse et les yeux sont fragiles. On l’oublie trop souvent. Nombre de traumatismes oculaires pourraient être évités.

Avec le développement des loisirs, le nombre de lésions oculaires a augmenté de 58% depuis 1973. Le type de sports impliqués dans ces accidents varie d’un pays à l’autre. Aux Etats-Unis, le base-ball et le basket-ball arrivent en tête des activités à risque pour les yeux alors qu’en Suisse, ce sont les sports pratiqués avec des raquettes qui posent problème.

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Par ordre de gravité, la boxe et le hockey sur glace sont les plus risqués. Viennent ensuite le tennis et le squash.

A noter qu’en Amérique, les «squasheurs» ont l’obligation de porter des lunettes. «Une pratique que feraient bien d’adopter les joueurs helvétiques dans un souci de prévention», estime le Dr André Dosso, de la clinique d’ophtalmologie de Genève. Et de rappeler que les balles de squash et de tennis peuvent atteindre une vitesse de 200 km/h!

Plus rarement en cause, le golf peut toutefois être à l’origine d’un traumatisme très violent entraînant l’éclatement du globe oculaire. En raison de la taille du ballon, le football est, en revanche, beaucoup moins dangereux et provoque essentiellement des contusions ou une érosion de la cornée.

Autre grande source de troubles oculaires, le rayonnement solaire est aujourd’hui considéré comme un facteur de risque du vieillissement du cristallin et de la rétine. «Ce processus peut accélérer l’apparition d’une cataracte ou d’une dégénérescence maculaire», explique André Dosso.

Le pire que l’on puisse faire subir à ses yeux est de regarder directement une éclipse de soleil. Négliger de porter des lunettes spéciales à cette occasion conduit à une brûlure de la rétine. Cette atteinte sévère, et pourtant indolore, peut laisser des taches noires permanentes.

Moins grave mais beaucoup plus douloureuse, la brûlure de la cornée survient généralement lors d’un séjour en haute montagne. L’altitude et la réverbération de la neige ou de la glace augmentent considérablement l’intensité lumineuse.

Les symptômes ont la particularité de survenir dans la nuit qui suit l’exposition. La douleur s’estompe après vingt-quatre heures et, deux jours plus tard, tout rentre dans l’ordre. Autre lésion bénigne: la conjonctivite peut être soulagée par des larmes artificielles.

Dès que le soleil pointe son nez, il faut sortir ses lunettes. Oui, mais lesquelles? C’est l’indice de protection qui fait leur qualité et non pas la couleur des verres. L’indice doit arrêter au minimum 70% des rayons UV. Faussement rassurants, les verres foncés sont utiles contre l’éblouissement mais parfaitement inefficaces contre les ultraviolets.

Un mot encore sur l’eau de la piscine dont le chlore fait parfois le lit de conjonctivites de nature allergique ou toxique. Les personnes sensibles devraient recourir aux lunettes de natation. A ce titre, l’eau de mer est beaucoup moins irritante. Suzy Soumaille

 


Avec les enfants, ouvrez l’oeil

Les garçons, surtout, sont particulièrement exposés aux accidents oculaires. Une forte proportion des lésions est due à des projectiles (flèches, fléchettes, carabine à plomb).

Gare aussi aux ciseaux, couteaux et autres fourchettes laissés à portée des petits. Sans oublier les produits de nettoyage qui peuvent provoquer des brûlures de la cornée.

Quant aux pointeurs laser, ils ne sont pas à mettre entre toutes les mains. Le risque de brûlures de la rétine, avec lésions irréversibles, existe dès lors qu’on les pointe plusieurs secondes dans l’oeil.

A noter aussi que les morsures de chiens sont fréquemment en cause lors de lésions des paupières chez les enfants. Enfin, à l’instar des adultes, les mômes ont aussi droit à des lunettes de soleil pourvues d’un bon indice de protection.